LES ETAPES

10 jours • 1000 kilomètres • 16h30 de route

Road Trip étape #3 : du Loch Lomond à l'île de Skye


BALMAHA

Après avoir visité Stirling, nous avons décidé d’aller voir le fameux Loch Lomond d’un peu plus près. Il s’agit du plus grand lac d'eau douce de Grande-Bretagne Continentale. Il fait près de 39 km de long et compte 38 îles. Très prisée des Edimbourgeois les week-ends, il est la base nautique phare pour les familles.  C’est alors que nous avons entamé les petites routes à sens unique et cabossées de l’Écosse profonde. Paraîtrait-il, que nous entrions dans les Highlands.

BALMAHA
       Sallochy Campsite

Après plusieurs campings qui affichaient « complet », nous nous sommes réfugiés au Sallochy Campsite, au nord de Balmaha. Il s’agissait, ni plus ni moins, d’un terrain vague proposé aux campeurs souhaitant faire face au lac avec un minimum vital. N'espérez pas vous doucher ce soir-là 😉 ! Cette première nuit fut donc rude, notamment, à cause du froid et de l’humidité environnante mais la vue sur le lac au réveil en valait réellement la chandelle.

Au petit réveil, nous nous sommes empressés de déguerpir afin de rejoindre le village de Balmaha, avec l’objectif de déguster les délicieux chocolats chauds écossais de l’Oak Tree Inn. Jules raffolait de ces délicieuses boissons chaudes, surmontées de crème fouettée et de baby marshmallows ! J’y ai même dévoré une salade étonnante, la veille au soir ! Je ne sais toujours pas réellement de quoi elle était composée, mais, je crois bien avoir mangé des succulentes racines de chêne ! Je me suis amusée à me faire des auto-blagues en choisissant des plats végétariens où je ne comprenais strictement rien à ce qui était écrit. Il n'y a pas de vie sans un peu de folie 😉 ! Nous souhaitions ensuite réaliser la randonnée de Conic Hill, malheureusement, la pluie battante nous a poussé à poursuivre notre route en direction du charmant village de Luss.


LUSS

Avant d’arriver à Luss, nous nous attardons sur l’extrémité sud du loch Lomond, à Balloch, où il est possible de visiter gratuitement le « Maid of the Loch ». Il s’agit du dernier bateau à roues à aubes de Grande Bretagne. C’est en 1816 qu’il a commencé son service sur les eaux sombres du loch Lomond avant d’être arrêté pour rénovation en 2006. C’est grâce aux dons de the Heritage Lottery Fund que le bateau a ainsi pu être mis hors de l’eau pour entamer ses réparations. Si vous avez du temps devant vous, ça peut valoir le coup de s’y arrêter un moment et observer, du pont, les oiseaux jouant sur le lac.

Lorsque nous sommes arrivés à Luss, j'ai immédiatement senti, que dans mon cœur, quelque chose allait changer. Un coup de foudre. Ce n’est pas une blague lorsque le LonelyPlanet nous parle de « carte postale ». Ce village est d’un charme fou. Imaginez-vous face à une longue rue semblant plonger dans la brume et les profondeurs du Loch Lomond. Sur laquelle se succèdent, de part et d’autre, de magnifiques petits cottages en pierre et ateliers artisanaux datant du XIXème siècle. Les vitrines débordent d’objets faits mains, généralement en bois, et de guirlandes lumineuses. Je suis conquise. Nous traversons alors le village jusqu’au ponton surplombant le lac. Nous restons là, quelques instants, interdits.

Avant de reprendre la route, nous allons déjeuner au Coach House Coffee Shop. L'ambiance y est vraiment chaleureuse, on s'y sent comme chez soi. On nous installe d'ailleurs à la même table que deux autres voyageurs. Le ventre creux, nous décidons de prendre une entrée et un plat, en pensant que la soupe ne nous rassasierait très certainement pas assez. Quelle erreur ! Ils ont vraiment un don pour réaliser ces délicieux potages, accompagnés d’un succulent et moelleux morceau de « brown bread » beurré. C'est repu, que nous retournons alors à la voiture.


FORT WILLIAM

Nous ne serons pas à court d’émerveillement pour cette journée. C’est sous une petite pluie que nous prenons la route en direction de Fort-William. Nous rentrons réellement dans le vif du sujet et rencontrons les Highlands dans ce qu’elles nous proposent de plus prestigieux; le temps ne gâchant en rien cette magie. Tout est là.  Je suis émue face à cette Nature imposante qui me rappelle à quel point nous sommes un infime grain de poussière sur la Planète Bleue. Sur la Planète Verte, en l’occurrence. J'ai l'impression que nous nous arrêtons tous les 50 mètres tant nous voulons enregistrer chaque détail dans notre mémoire. Les deux heures de route pour nous rendre à Fort-William sont passées à une vitesse effarante.

Des montagnes craquelées jaillissent des gerbes d'eau, pendant que la bruyère violine plie sous le vent et les nuages s'amusent à projeter leurs ombres sur les reliefs. Ce panorama est une véritable toile de Maître qui nous laisse sans voix. Je vous laisse observer.

 

 FORT-WILLIAM
       Glen Nevis campsite

A notre arrivée à Fort-William, nous nous empressons de nous rendre au Glen Nevis Campsite afin de monter notre petite tente de fortune Queshua pendant que les nuages ne nous ont pas encore déversé leur déluge. Il faut savoir que Fort-William détient le record de précipitations de toute l’Écosse ! Nous nous installons rapidement à proximité des sanitaires et filons immédiatement profiter d'une douche de feu pour réchauffer nos guiboles. Même en plein mois d'août, le froid est présent. C'est lorsque, toute propette, je retourne à notre palace, que je me rends compte de la splendeur du site. Nous nous trouvons au beau milieu d'un cirque où la brume s'accroche aux sommets et les oiseaux tourbillonnent. Nous sommes au pied du Ben Nevis, point culminant de la Grande Bretagne avec ses 1344 mètres de haut. C'est tout bonnement spectaculaire. Nous décidons alors de rester au camping pour la soirée. Nous sortons notre petite popotte et le réchaud, et nous installons tranquillement sur les tables de camping à disposition pour dîner en tête à tête avec les touristes et la Nature. C'est sur des airs de Game of Thrones (Ô joie, sur le téléphone portable), que nous rejoignons Morphée.

Le lendemain matin, nous partons à la découverte de Fort-William. Il pleut fort. Le temps ne nous permet donc pas de balader librement, bien que, ce soit une chance que nous nous trouvions en ville afin de trouver des activités à l'abri. Nous irons donc prendre le petit-déjeuner en centre-ville, à base de Macchiato et de scones - petits pains écossais très populaires, avant de faire les boutiques touristiques. Fort-William est une petite ville calme et charmante qui attend le voyageur les bras ouverts. La dernière "grande ville" qui nous ait été donnée de voir jusqu'à la fin de notre séjour. Enfin, lorsque le ciel s'est dégagé, nous avons marché tranquillement au bord du lac, le loc Linnhe. J'aime ces vieilles cages dans l'eau, les abris à bateau rouillés, et cet air de port ancien qui flotte dans l'air.


GLENFINNAN

 GLENFINNAN
         The Jacobite Steam Train

Avant d'aller prendre notre Ferry à Mallaig, afin de rejoindre l'île de Skye, nous avions prévu d'aller voir le train Jacobite en réalisant la marche menant au viaduc. Tout le monde connait bien évidemment ce fameux train rouge à vapeur que l'on voit dans le très connu, Harry Potter. Celui-là même qui transporte, chaque jour, des centaines d’Écossais comme tout train normal que nous pourrions croiser ailleurs.  Cette petite randonnée, au départ de la gare de Glenfinnan, n'est pas bien longue: il faut compter environ 1 heure pour l'aller et retour. Cependant, elle vaut vraiment le détour tant la vue sur le loc Shiel  y est imprenable. Malheureusement nous n'aurons pas vu l'arrivée du train une fois arrivés à son sommet. 

Après l'effort, il sera par ailleurs possible de se réconforter en déjeunant au Dining Car qui est un ancien wagon réhabilité en restaurant. Vraiment, le repas était sans prétention mais sympathique, je vous le recommande! C'est ainsi que je me suis faite lâchement abandonnée par Jules, en plein repas, qui est parti en courant du wagon après avoir entendu le "tchou-tchou" alertant que le Jacobite Train entrait en gare. Je l'ai rapidement rattrapé. Nous avons pu, ainsi, le voir lâcher sa fumée et l'entendre vrombir jusqu'à nous.  C'était à la fois intimidant et impressionnant. 

Je serais bien restée assise là des heures, à contempler les reflets argentés se mouvant dans les eaux noires du lac. Je n'avais non pas le sentiment d'être à l'écart du Monde, mais bel et bien au centre du Monde. A l'essence même du berceau créateur.


MALLAIG

 MALLAIG
         Ferry: The Caledonian MacBrayne

La route vers Mallaig est magnifique. Elle nous fait voyager entre les montagnes, les locs et les plages. Nous devions prendre le dernier ferry de la journée, à 18h45, afin de rejoindre l'île de Skye en seulement une demie heure. Nous avions réservé par internet, plusieurs mois en avance, nos billets en passant par la compagnie Caledonian MacBrayne. Chaque jour, les ferrys réalisent ainsi des rotations entre Mallaig et Armadale pour approximativement 35 euros (base de 2 personnes et 1 voiture).

Nous n'avons pas vraiment passé de temps sur Mallaig. Juste assez pour voir, au loin, notre tout premier phoque jacassant joyeusement dans le port de la ville. Quant à la traversée, elle a été de toute beauté. Un rêve de petite fille s'est réalisé, puisque, j'ai pu voir mon premier dauphin en liberté, disparaître au loin dans les profondeurs de la mer des Hébrides. Pour la première fois de notre aventure, nous ne savions pas où nous allions dormir le soir-même...

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *