J’ai découvert ce livre grâce à Jules qui remettait en question son mode alimentaire afin qu’il soit en adéquation avec sa pratique sportive. Malheureusement, à force de le voir inutilisé sur son étagère, il a piqué ma curiosité. Quand le système agroalimentaire est dans le viseur...

chroniques d'un fauve dans la jungle alimentaire
Gilles Lartigot et sa chienne

 

L'INDUSTRIE AGROALIMENTAIRE DANS LE VISEUR

Si l’auteur-conférencier Gilles LARTIGOT est désormais plus que célèbre, c’est grâce à ses ouvrages nommés « EAT » qui dénoncent les failles de l’industrie agroalimentaire étroitement liée à l’industrie pharmaceutique. Pour ma part, je n’ai lu que « EAT (1) » qui a le mérite d’avoir une réelle approche journalistique qui a demandée près de deux années de travail en France, au Québec et aux USA. Son récit est ponctué d’entrevues avec des personnes conscientisées, en passant du Professeur spécialisé dans les cancers hormono-dépendants à l’apiculteur biologique. Toutefois, ne vous imaginez pas un homme chétif et blafard derrière ces lignes. A contrario, Gilles LARTIGOT cumule 1.90m et 100 kilos de muscles et de charisme.

Ecrit au Québec, ce livre tend à nous questionner sur le monde dans lequel nous vivons et notamment, à nous mettre en garde sur les dangers de notre alimentation moderne (animale et végétale) liée au développement de cancers, AVC et maladies chroniques. Pour lui, nos choix alimentaires définissent notre santé et conditionnent l’avenir de nos enfants. Gilles LARTIGOT met d’ailleurs un point d’honneur à nous expliquer, d’une part, ce que sont les perturbateurs endocriniens et d’autre part, la place occupée par l’animal dans une société de consommation telle que celle-ci.

"Nous vivons dans une société toxique pour notre santé. La nourriture industrielle nous rend malade. La pollution, le stress et les produits chimiques font partie de notre quotidien. Ce sont des faits. Il est encore temps d’en réchapper".

En France, 3 millions d'animaux sont abattus chaque jour

 

ENTRE PERTURBATEURS ENDOCRINIENS & CAUSE ANIMALE

Pour rentrer un peu plus dans le vif du sujet, les perturbateurs endocriniens « sont des molécules présentes dans notre environnement qui pénètrent dans l’organisme humain et perturbent gravement les fonctions associées et contrôlées par le système hormonal endocrinien… ». Il existe ainsi 3 sources principales de perturbateurs endocriniens :

  1. Les pesticides et les engrais issus du recyclage des gaz de combats et des explosifs de la première guerre mondiale.
  2. Les plastiques composés de bisphénol A et phtalates, qui sont libérés sous l’effet de la chaleur, de l’oxydation ou de l’entrée en contact avec des acides (jus de citron). Les grandes marques vantant les mérites de leurs contenants en plastique ne sont donc pas épargnées.
  3. Les médicaments contraceptifs ostrogéniques qui affectent non seulement les humains, mais également l’ensemble des espèces en les évacuant en partie dans les toilettes. En rejoignant les eaux usées, ils s’écoulent dans les lacs et rivières et « féminisent les espèces [et] rendent aussi les mâles stériles ».

Quant à la question animale, aux côtés de Jean-Luc DAUB, ancien enquêteur d’abattoir, il nous rappelle en quelques chiffres et phrases chocs que :

  • L’industrie agroalimentaire représente 400 000 emplois et 160 milliards d’euros de chiffres d’affaires. Il s’agit de la première industrie française. Les industriels financent ainsi des lobbyistes qui vont influencer les médias et les hommes politiques puisque une diminution de la consommation de lait et de viande mettrait donc en péril ces dits-industriels.
  • En France, 3 millions d’animaux sont abattus chaque jour, soit, 60 milliards d’animaux tués chaque année. Dans le détail, cela représente 50 kilos de viande dévorés chaque seconde par les français.
  • Le poulet doit être amené à l’âge adulte en 32 jours avant d'être mangé. En d'autres termes, l'espérance de vie d'un poulet industriel est en moyenne de 32 jours.
  • Le lait n’est pas adapté à l’humain. Dans le lait d’aujourd’hui, nous trouvons des facteurs de croissance nécessaires, dans la nature, à la croissance rapide du veau. De cette façon, sa consommation favorise le cancer du sein et de la prostate. Qui plus est, face aux normes européennes, certains laitiers sont obligés de mettre de l’eau de javel dans leur lait pour faire baisser le taux de bactéries.
  • Les steaks hachés que nous donnons à nos enfants sont d’ailleurs les vaches laitières en bout de course qui ont été envoyées aux abattoirs. Il n'y a pas de gaspillage dans l'industrie agroalimentaire.
  • 75% de la production de vaccins sont destinés à la filière animale, responsable de l’augmentation constante de l’antibiorésistance. Et oui, les vaccins réalisés sur les animaux pénètrent aussi dans notre organisme lorsque nous les consommons.
Gilles Lartigot, Aventuraid

 

DE QUELLES ALTERNATIVES DISPOSONS-NOUS?

Là où le livre fait très fort, c’est qu’il ne nous impose pas sa vision ; il nous oriente tranquillement vers un mode de vie dans lequel le respect du vivant est au cœur des préoccupations. Gilles LARTIGOT croit en « l’émotion de ce que nous mangeons » et le lien de cause à effet. En d’autres termes, lorsque nous mangeons de la viande, nous mangeons la souffrance et devenons anxieux et agressifs. De son point de vue, il faut réellement être conscient de ce que nous ingérons. De fait, manger un animal c’est être conscient qu’on a sacrifié une vie pour son plaisir. Il faut être en accord avec sa conscience. Si cette idée vous est supportable, alors poursuivez-là.

Il veille à nous expliquer les bienfaits de chaque aliment et met un point d’honneur à ce que nous réintégrions les protéines végétales et la nourriture vivante (crue) dans notre alimentation. Ainsi, il nous propose à travers plusieurs recettes des alternatives autant utiles que savoureuses. Nous retrouvons par exemple « l’hyperdrive juice » qui est riche en sels minéraux, en vitamines, en antioxydants et en anti-inflammatoires naturels. Il est vrai que le corps humain à tendance à avoir des carences en minéraux et micronutriments puisqu’ils disparaissent à la cuisson. Qui plus est, nous passons 50% de notre énergie à digérer notre alimentation. En consommant des végétaux, on est alors moins fatigué et avons une capacité d’éveil plus importante car le système digestif est allégé.

En outre, nous pourrions imaginer que cet amas de muscles ne s’attarderait pas à boire sa petite camomille du soir. Pourtant, c’est bel et bien le cas. Il nous explique par exemple que certaines tisanes et infusions vont avoir pour effet de diminuer l’acidité de notre estomac ou nous aider à dormir mieux. En fait, contrairement à un médicament qui a pour but d’agir sur un point localisé, les plantes vont quant à elles, choisir les points à améliorer et seront donc plus efficaces en soignant le corps dans son ensemble.

 

QU’AI-JE CHANGE DEPUIS LA LECTURE DE CE LIVRE ?

Il y a des choses évidentes que je faisais déjà, comme regarder le code des œufs pour connaître les conditions d’élevage des poules, ou encore, éviter l’alimentation industrielle (plats préparés) au profit de plats maisons sans additifs.

  • J’ai remplacé le plastique par le verre. Les aliments que j’achète sous sachets alimentaires sont immédiatement entreposés dans des contenants en verre. Le frais finit généralement dans des bols tandis que le sec (lentilles, riz, quinoa…) trouve sa place dans des bocaux de conservation en verre. Les graines, quant à elles, reposent dans des mason jars. De cette façon, le trou se trouvant sur le bouchon me sert de verseur pour saupoudrer mes plats.
  • J’ai varié les sources d’origine végétale. Déjà flexitarienne* depuis quelques années, j’avais tendance à tout remplacer par du soja (steaks de soja, yaourts au soja, lait de soja…). Mais désormais, les grandes surfaces commencent à faire la part belle aux produits végétaux, il est donc beaucoup plus facile de varier notre alimentation et de se faire plaisir. Je me délecte ainsi de yaourts au lait de coco ou de galettes de céréales au potimarron.
  • Je favorise davantage le bio. Habituellement, je réalisais mes commissions dans la partie bio pour moi et dans l’ensemble du magasin pour Jules qui n’y portait que peu d’importance. Désormais, tout est (presque) bio !

 

MON AVIS SUR EAT

Je ne me suis pas sentie perdue à la lecture de ce livre qui fait écho à ma vie. En effet, il baigne dans mon univers puisque, j’étais déjà très intéressée par l’alimentation, la santé, et la pratique sportive dans une démarche éthique et responsable. En étant fléxitarienne depuis 4 ans, j’y ai retrouvé beaucoup d’informations que je connaissais déjà. Toutefois, une piqûre de rappel ne fait jamais de mal. Mon avis sur ce livre reste ainsi totalement subjectif, c’est pourquoi je vous invite à vous le procurer afin de mener votre propre réflexion sur le sujet.

Ce livre nous amène alors à une grosse remise en question sur notre fonctionnement alimentaire et les dérives de notre société dans son ensemble. C’est un livre fort qui tend à déranger. Cependant, il nous redonne goût à la nourriture « vivante » en nous rappelant qu’elle est source de vie, précieuse et étonnante de par ses apports nutritionnels. Il est important de manger en toute conscience et non pas de « bouffer », ou encore, « entasser de la nourriture dans une boîte vide ».

Mange responsable

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